L’ADN environnemental : une nouvelle façon d’observer la biodiversité

L’ADN environnemental, ou ADNe, est une technique récente qui permet d’identifier les espèces présentes dans un milieu naturel à partir des traces d’ADN qu’elles y laissent (dans l’eau, le sol, les sédiments…). Chaque organisme dépose naturellement des fragments génétiques, et l’analyse de ces traces permet de savoir quelles espèces fréquentent un site, sans avoir besoin de les capturer.

Cette méthode repose sur des outils de biologie moléculaire comme l’amplification et le séquençage de l’ADN. Les séquences obtenues sont ensuite comparées à des bases de données pour reconnaître l’espèce d’origine. Elle s’applique à de nombreux groupes : poissons, amphibiens, mollusques, crustacés, etc.

L’ADNe présente un intérêt majeur : il s’agit d’une approche non invasive, puisqu’elle ne nécessite que le prélèvement d’eau ou de sol. Elle permet notamment de repérer des espèces discrètes, rares ou exotiques.

La démarche de la FDAAPPMA19

La FDAAPPMA19 a été la première structure du département à développer l’ADNe sur les milieux aquatiques et est devenu le premier producteur de données sur le département. Des agents formés réalisent les prélèvements, les stabilisent, puis les transmettent à un laboratoire spécialisé (SPYGEN).

Là, l’ADN est extrait, analysé et comparé à une base de référence pour dresser la liste des espèces détectées dans l’échantillon.

Ce procédé peut être orienté selon les besoins : recherche spécifique de poissons, crustacés, mollusques, amphibiens, etc.

Une méthode qui complète, sans remplacer, les inventaires classiques

L’ADNe apporte une vision rapide et fiable de la biodiversité d’un milieu, mais elle ne se substitue pas aux inventaires piscicoles réalisées sur les cours d’eau ou les plans d’eau. Ces derniers restent indispensables pour :

  • Evaluer la densité des espèces,
  • Analyser la structure des différentes populations (histogrammes de taille),
  • Suivre des stations sur le long terme,
  • Etablir un diagnostic complet du fonctionnement d’un cours d’eau.

L’ADNe constitue donc un complément précieux, qui enrichit les connaissances de présence mais surtout de disparition des espèces.